18 June 2003 (la version française suit)


IRAN - Reporters Without Borders (http://www.rsf.fr/)
Total number of journalists detained since 14 June rises to six

Reporters Without Borders protested today against the arrest on 16 June of Ensafali Hedayat of  Salam, who was the sixth journalist to be detained in a space of three days against a backdrop of student protests. His detention was preceded on 15 June by the arrests of Mohsen Sazgara, editor of the (closed) reformist daily Jameh and creator of the news website www.alliran.net, and Amin Bozorgian, editor of Golestan-e-Iran.

The first three journalists to be detained, on 14 June, were Taghi Rahmani of the weekly Omid-e-Zangan, Reza Alijani, editor of the monthly Iran-e-Farda and winner of the Reporters Without Borders - France Foundation press freedom prize in 2001, and Hoda Saber, a member of Iran-e-Farda's editorial staff.

"These arrests are alarming - how far does the Iranian government intend to go?" said Reporters Without Borders secretary-general Robert Ménard, again urging the European Union to condemn these "serious abuses." Ménard called for the immediate release of all 14 journalists currently imprisoned in Iran.

Ménard also called on the Iranian authorities to officially acknowledge the arrests of Bozorgian and Hedayat, whose families have had no word of them since they were taken away by unidentified persons.

Bozorgian, who was stopped in the street and taken away on 15 June, was previously abducted by thugs on 26 November 2002 and released five days later. Hedayat was covering a demonstration at the university of Tabriz in the north of the country on 16 June when he was detained by unidentified persons. His wife has had no news of him since then.

Sazgara's wife said her husband has been on hunger strike since his arrest on 15 June. He was previously detained at his home on 18 February, several days after posting an article on his website in which he criticised Ayatollah Ali Khamenei, the Islamic republic's "supreme leader."  He was released four days later. On 3 June, he was banned from leaving the country because he had spoken on foreign radio stations.

It is assumed that Sazgara, Bozorgian and Hedayat are suspected of inciting students to revolt.

The families of Rahmani, Alijani and Saber have also received no word of them since their arrests on 14 June, but their arrests have at least been officially acknowledged by the authorities, who have accused them of meeting secretly with students to support the protest movement.

Another journalist, Negare Babaghani of the daily Hambastegui, was beaten by plain-clothes police in the course of the anti-government protests that have been taking place daily around the main university campus in Tehran for more than a week.

More than 250 intellectuals and journalists wrote an open letter to Ayatollah Khamenei on 15 June warning that the Islamic republic would be in danger if he did not stop resisting reforms. The letter's signatories supported the 135 parliamentarians who addressed a letter to Khamenei at the end of last month. Rahmani, Alijani and Saber are alleged to have been the instigators of the parliamentary letter.

18 juin 2003


IRAN

Sur fond de manifestations estudiantines, trois nouveaux journalistes emprisonnés

Mohsen Sazgara, directeur du site Alliran, et Amin Bozorgian, rédacteur en chef de Golestan-é-Iran, ont été arrêtés le 15 juin, et Ensafali Hedayat, journaliste de Salam, le 16 juin. Ces incarcérations interviennent peu après l'arrestation de trois autres journalistes : Taghi Rahmani, journaliste de l'hebdomadaire Omid-é-Zangan, Reza Alijani, rédacteur en chef du mensuel Iran-é-Farda et lauréat du prix Reporters sans frontières - Fondation de France 2001, et Hoda Saber, un des dirigeants de Iran-é-Farda.

" Ces arrestations sont tout simplement alarmantes. Jusqu'où le régime de Téhéran va-t-il aller ? Nous demandons aux autorités iraniennes de reconnaître officiellement les arrestations d'Amin Bozorgian et Ensafali Hedayat dont les familles sont sans nouvelles depuis leur interpellation par des inconnus. Nous réitérons, par ailleurs, notre demande à l'Union européenne afin qu'elle condamne ces graves atteintes aux droits de l'homme ", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, qui a rappelé que quatorze journalistes sont actuellement derrière les barreaux en Iran.

Selon son épouse, Mohsen Sazgara, directeur du site Alliran et du quotidien réformateur Jameh (fermé), est en grève de la faim depuis son arrestation, le 15 juin. Le 3 juin, il avait été interdit de sortie du territoire pour être intervenu sur des radios étrangères. Il avait déjà été arrêté, le 18 février, peu après avoir diffusé sur son site www.alliran.net, un article dans lequel il critiquait le Guide de la République islamique, l'ayatollah Khamenei. Il avait été relâché le 22 février.

La famille d'Amin Bozorgian est sans nouvelles de lui depuis le
16 juin, date de son interpellation, en pleine rue, par des inconnus. Il avait déjà été enlevé, en pleine rue, le 26 novembre 2002, par des inconnus puis relâché le 1er décembre.

Ensafali Hedayat, journaliste de Salam, se trouvait, le 16 juin, à l'université de Tabriz (nord du pays) pour couvrir une manifestation lorsqu'il a également été arrêté par des inconnus. Depuis, sa femme est sans nouvelles de lui.

On reprocherait à Mohsen Sazgara, Amin Bozorgian et Ensafali Hedayat d'avoir incité les étudiants à la révolte.

Les familles de Taghi Rahmani, Reza Alijani, et Hoda Saber sont également sans nouvelles d'eux depuis leur incarcération, le
14 juin. Les trois journalistes, dont les arrestations avaient été officiellement reconnues par le régime, seraient accusés d'avoir tenu des réunions secrètes avec des étudiants pour entretenir le mouvement de contestation. Plusieurs manifestations ont eu lieu ces derniers jours autour du principal campus de Téhéran. Des slogans très critiques à l'égard du régime y ont été lancés. Lors de ces manifestations, plusieurs journalistes, dont Negare Babakhani, du quotidien Hambastegui, avaient été frappés par des policiers et des miliciens en civil.

Plus de 250 intellectuels et journalistes ont adressé, le 15 juin, une lettre ouverte au Guide de la République islamique, l'ayatollah Khamenei, lui demandant de mettre fin à sa résistance aux réformes, faute de quoi la République islamique serait menacée. Les signataires de cette lettre entendaient soutenir les 135 députés qui avaient également interpellé l'ayatollah Khamenei fin mai. On reprocherait également à Taghi Rahmani, Reza Alijani et Hoda Saber d'être à l'initiative de la lettre de ces députés.

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Virginie Locussol (norddelafrique@rsf.org / northernafrica@rsf.org / iran@rsf.org)
Bureau Nord de l'Afrique - Iran / Northern Africa - Iran desk

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