10   June 2003 (Reporters Without Borders - http://www.rsf.fr/)

IRAN
Regime uses US threats as pretext to step up press freedom violations

Reporters Without Borders today voiced concern over a press crackdown in Iran that has included the temporary closure of a daily newspaper, a travel ban on a journalist, the censoring of a letter by parliamentarians criticising Ayatollah Khamenei's policies and the issuing of summonses to journalists.

"Using the pretext of supposed American threats, the regime has clearly opted domestically to crack down on the news media, instead of developing and encouraging more freedom and democratising society," Reporters Without Borders secretary-general Robert Ménard said, noting that eight journalists are currently imprisoned in Iran.

The daily Kayhan, the main mouthpiece of Islamist radicals, did not appear on the stands today. A one-day closure was imposed on the newspaper a few days ago by Said Mortazavi, the new Tehran prosecutor, for likening the mainly reformist parliamentarians to "cows." The Kayhan press group, which produces dozens of conservative publications, is controlled by the Supreme Guide, Ayatollah Khamenei, and has ties with the security services.

Mohsen Sazgara, the editor of the reformist daily Jameh (which has been closed down), was banned from travelling outside of the country on 3 June. "Airport officials confiscated my passport and told me I couldn't leave Iran," he told Agence France-Presse. The day before, he was summoned to the security ministry and was told that the Supreme Council for National Security recently adopted a regulation banning certain senior figures from talking to the foreign media in Farsi. The travel ban appears to be a punishment for his giving interviews to foreign radio stations.

A journalist with the (closed) daily Fath, Emadoldin Baghi, who was released from detention on 6 February, was also summoned and told about this decision. The Iranian authorities have always shown concern when certain journalists have given interviews to radio stations in Farsi criticising the regime.

The Supreme Council for National Security, which is headed by President Mohammad Khatami, banned the news media at the end of last month from publishing a critical letter signed by more than 100 reformist parliamentarians. Addressed to the Supreme Guide, the letter urged him to stop resisting reforms to avoid endangering the Islamic Republic. It said: " Most of the people are discontented or disillusioned, most of the intellectuals are silent or emigrate and all the financial reserves are fleeing the country, which is encircled by foreign forces."

No Iranian newspaper has published the letter, which was issued on 24 May. It was posted for a few hours on the reformist website Rouydad and the website of the student news agency ISNA. Now it is only available on Farsi-language websites based outside the country.

Ten journalists (for the most part cinema specialists) have been summoned in recent weeks for questioning by Adareh Amaken, a department of the Tehran police thought to be linked with the intelligence services. During questioning, they were accused inter alia of possessing and selling films deemed "immoral."

The journalists who were questioned were Golamreza Moussavi, editor of the monthly Cinema Jahan; Ali Moalem, editor of the monthly Doyay Tasvir; Feridon Jerani, editor of the weekly Cinema; Payam Fazlinejad, a journalist with the monthly Gozaresh-é-Film; Mohamad Hadi Karimi, the publisher of Cinema; Alireza Bazel, a journalist and translator with Hayat-é-No; Houshang Golmakani, a journalist with the monthly Film; Houshang Asadi, a journalist with Gozaresh-é-Film; Nushabeh Amiri, editor of Gozaresh-é-Film; and Khosro Dehgan, a film critic and president of the writers'  association.


10 juin 2003


IRAN
Invoquant de pseudo menaces américaines, les autorités  multiplient les atteintes à la liberté de la presse

Suspension d'un quotidien, interdiction de sortie du territoire d'un journaliste, interdiction de publication d'une lettre de députés critiquant la politique de l'ayatollah Khamenei, nouvelles convocations de journalistes Š ces dernières semaines, le régime de Téhéran a pris des mesures visant à museler davantage les médias.

" Décidément, le régime de Téhéran poursuit son verrouillage des médias. Plutôt que de développer et d'encourager les espaces de liberté, de démocratiser la société, ils ont visiblement choisi l'option de la fermeture, sur le plan intérieur, sous prétexte de soi-disant menaces américaines. Aujourd'hui, les autorités font clairement le choix de la répression ", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières. L'organisation rappelle que huit journalistes sont actuellement derrière les barreaux en Iran.

Le 10 juin, le quotidien Kayhan, principal organe des extrémistes islamistes, n'est pas paru dans les kiosques. Quelques jours auparavant, Saïd Mortazavi, nouveau procureur de Téhéran, avait infligé un jour de suspension à cette publication pour avoir assimilé les députés (dans leur majorité réformateurs) à des " vaches ". Le groupe de presse Kayhan, qui édite des dizaines de publications conservatrices, est sous le contrôle du Guide suprême, l'ayatollah Khamenei, et proche des services secrets.

Le 3 juin, Mohsen Sazgara, directeur du quotidien réformateur Jameh (fermé), a été interdit de sortie du territoire. " Des officiers de l'aéroport ont saisi mon passeport et m'ont dit que je ne pouvais quitter l'Iran ", a-t-il déclaré à l'AFP.  La veille, le journaliste avait été convoqué au ministère des Renseignements où on l'avait informé qu'une réglementation récemment approuvée par le Conseil suprême de la sécurité nationale (la plus haute instance en charge de la sécurité du territoire) interdisait à certains responsables de parler à des médias étrangers en persan. Cette interdiction de sortie du territoire le punirait d'être intervenu sur des radios étrangères. Emadoldin Baghi, journaliste au quotidien Fath (fermé) et libéré le 6 février dernier, a également été convoqué et informé de cette décision. Les autorités iraniennes se sont toujours inquiétées des propos tenus sur les radios en persan par certains journalistes qui y critiquaient le régime.

Fin mai, ce même Conseil suprême de la sécurité nationale, dirigé par le président Mohammad Khatami, a interdit à la presse de publier une lettre critique signée par plus de cent députés réformateurs. Adressée au Guide Suprême, la lettre réclamait qu'il mette fin à sa résistance aux réformes, faute de quoi la République islamique serait menacée. Pour les signataires, " la plupart des gens sont mécontents ou déçus, la plupart des intellectuels se taisent ou émigrent, toutes les réserves financières quittent le pays, encerclé de toutes parts par les forces étrangères ".

Aucun journal iranien n'a ainsi reproduit la lettre, rendue publique le 24 mai. Celle-ci n'a pu être consultée que sur le site réformateur Rouydad et celui de l'agence de presse estudiantine ISNA avant d'être retirée du Web quelques heures plus tard. Cette lettre est aujourd'hui uniquement consultable sur des sites persans basés à l'étranger.

Ces dernières semaines, dix journalistes (dont de nombreux spécialistes de la presse cinématographique) ont été convoqués par la justice. Golamreza Moussavi, rédacteur en chef de mensuel Cinema Jahan, Ali Moalem, rédacteur en chef de mensuel Doyay Tasvir, Feridon Jerani, rédacteur en chef de l'hebdomadaire Cinema, Payam Fazlinejad, journaliste du mensuel Gozaresh-é-Film, Mohamad Hadi Karimi, directeur de Cinema, Alireza Bazel, journaliste et traducteur de  Hayat-é-No, Houshang Golmakani, journaliste du mensuel Film, Houshang Asadi, journaliste de Gozaresh-é-Film, Nushabeh Amiri, rédactrice en chef de Gozaresh-é-Film, et Khosro Dehgan, président de l'association des écrivains et critique de cinéma, ont été convoqués par Adareh Amaken, une section de la police téhéranaise considérée comme proche des services de renseignements. On leur reproche notamment de détenir et d'avoir vendu des films vidéo jugés " immoraux ".





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Virginie Locussol (norddelafrique@rsf.org / northernafrica@rsf.org / iran@rsf.org)
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