10 May 2003 (la version française suit)

IRAN - Reporters Without Borders (http://www.rsf.fr/)
Seven journalists sentenced to a total of 53 years in prison

Reporters Without Borders voiced its dismay at the prison sentences ranging from four to 13 years imposed on seven journalists today by the Tehran revolutionary court at the end of a trial behind closed doors. The journalists, who were also stripped of their civic rights for 10 years, were members of the National Religious Movement, a liberal, nationalist and Islamic grouping that has been banned since March 2001.

"We are appalled by these sentences, which are unacceptable," Reporters Without Borders secretary-general Robert Ménard said, noting that the journalists were not accorded the right to a fair trial.  "The Iranian regime has again shown to what degree any peaceful protest or criticism is unwelcome in that country," he said. The revolutionary court was created after the Islamic revolution and has jurisdiction over matters affecting national security and institutions.

"We call on the European Union, which is currently in negotiations with Iran, to make greater efforts to ensure that human rights are respected there," Ménard said. Ten journalists are currently in detained in Iran, which makes it the biggest prison for journalists in the Middle-East.

The journalists sentenced today were Ezatollah Sahabi of the newspaper Iran-é-Farda (13 years), Taghi Rahmani of the banned weekly Omid-é-Zangan (10 years), Hoda Saber of the banned magazine Iran-é-Farda (10 years), Reza Alijani of the monthly Iran-é-Farda (6 years), Saide Madani of the closed monthly Iran-é-Farda (6 years), Ali-Reza Redjaï of Asr-é-Azadegan (4 years) and Morteza Khazemian of the closed daily Fath (4 years).

Rahmani, Madani, Redjaï and Khazemian were among a number of people arrested on 11 March 2001 at the home of Mohammad Bastehnaghar, a progressive opposition figure, where some 30 people were meeting at the time of the police raid. The next day, the chairman of the Tehran revolutionary court said the detainees had been "seeking to promote a conspiracy against the Islamic regime." They spent periods of varying length in detention before being released pending the trial.

Alijani, who is his the editor of Iran-é-Farda and who won the Reporters Without Borders - France Foundation prize in 2001, was arrested by security agents on 24 February 2001 and was released on bail on 16 December 2001. Saber, who is one of the editors of his magazine, was arrested on 28 January 2001 and was released on bail on 12 March 2002.

Sahabi, who is the son of one of the National Religious Movement's founders as well as being his newspaper's editor, was arrested on 26 June 2000 on the orders to the Tehran revolutionary court after attending a conference in Berlin on reforms in Iran. The conference was considered anti-Islamic by the Iranian authorities. He was released on bail on 21 August 2000, but was re-arrested on 17 December 2000 on charges of "anti-regime propaganda." On 13 January 2001, he was sentenced to four and a half years in prison. In December 2001, his sentenced was reduced to six months and he was freed on 2 March 2002.


10 mai 2003


IRAN

Sept journalistes condamnés, en tout, à 53 ans
de prison !

Le 10 mai, le tribunal révolutionnaire a condamné à des peines allant de quatre à treize ans de prison sept journalistes : Taghi Rahmani (10 ans), Hoda Saber (10 ans), Reza Alijani (6 ans), Saide Madani (6 ans), Ali-Reza Redjaï (4 ans), Morteza Khazemian (4 ans) et Ezatollah Sahabi (13 ans). Ils ont également été condamnés à dix ans de privation de leurs droits civiques.

" Nous sommes consternés par de telles condamnations. Elles sont inadmissibles. Tous ces journalistes n'ont même pas eu droit à un procès juste et équitable. Le régime iranien démontre, une nouvelle fois, à quel point toute protestation ou contestation pacifique n'a pas le droit de cité dans ce pays. Nous demandons à l'Union européenne de déployer davantage d'efforts envers l'Iran, pays avec lequel elle est actuellement en négociations, afin que les droits de l'homme y soient respectés ", a dénoncé Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières. L'organisation a rappelé que dix journalistes sont actuellement derrière les barreaux dans ce pays, ce qui fait de l'Iran la plus grande prison du Moyen-Orient.

C'est au terme d'un procès à huis clos que le tribunal révolutionnaire de Téhéran (juridiction d'exception instituée après la Révolution islamique et saisie des affaires touchant à la sécurité nationale et au régime) a condamné sept journalistes membres du Mouvement national religieux à des peines très lourdes. Les activités de ce mouvement (organisation libérale, nationaliste et islamique) ne sont plus autorisées depuis mars 2001.

En mars 2001, la justice avait organisé une des plus importantes vagues d'arrestations contre l'opposition. Le 11 mars, au domicile de Mohammad Bastehnaghar - une des figures de l'opposition progressiste - où étaient réunies une trentaine de personnes, Taghi Rahmani de l'hebdomadaire interdit Omid-é-Zangan, Saide Madani d'Iran-é-Farda (mensuel suspendu), Ali-Reza Redjaï d'Asr-é-Azadegan, Morteza Khazemian de Fath (quotidien suspendu) et Mohammad Bastehnaghar avaient été arrêtés. Le lendemain, le président des tribunaux révolutionnaires de Téhéran, déclarait que les personnes arrêtées "cherchaient à fomenter un complot contre le régime islamique". Ces journalistes avaient tous passé des périodes plus ou moins longues en prison puis avaient été relâchés en attendant leur procès.

Reza Alijani, rédacteur en chef du mensuel interdit Iran-é-Farda, et lauréat du prix Reporters sans frontières - Fondation de France 2001, avait été arrêté par des agents de la sécurité le 24 février 2001 et libéré sous caution le 16 décembre 2001.

Hoda Saber, un des dirigeants de Iran-é-Farda, avait été arrêté le 28 janvier 2001 puis libéré sous caution le 12 mars 2002,

Ezatollah Sahabi, directeur de Iran-é-Farda, et fils d'un des fondateurs du Mouvement national religieux, avait été arrêté le 26 juin 2000 sur ordre du tribunal révolutionnaire de Téhéran suite à sa participation à la conférence de Berlin, consacrée aux réformes en Iran et jugée anti-islamique par les autorités du pays. Il avait été libéré sous caution le 21 août mais arrêté, à nouveau, le 17 décembre. Il était accusé, cette fois, de "propagande contre le régime". Le 13 janvier 2001, il était condamné à quatre ans et demi de prison. En décembre, sa peine avait été ramenée à six mois. Le journaliste avait été libéré le 2 mars 2002.

-- Virginie Locussol (norddelafrique@rsf.org / northernafrica@rsf.org / iran@rsf.org)
Bureau Nord de l'Afrique - Iran / Northern Africa - Iran desk

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