29 April 2003 (la version française suit)

Reporters Without Borders (http://www.rsf.fr/)
IRAN

Journalist sentenced to four years in prison and 253 lashes

Reporters Without Borders today strongly deplored new attacks on journalists by the Iranian authorities, including the sentencing of one to four years in prison and 253 lashes, as well as further prosecution of two others already in jail and suspected bogus confessions of a fourth.

"These new moves by the hardliners cannot be tolerated," said the organisation's secretary-general, Robert Ménard.  "The reformers in the regime are clearly unable to defend the journalists.  The situation is disgraceful."

Alireza Jabari, a translator and freelance contributor to several independent newspapers, including Adineh, was sentenced on 19 April to four years in prison, 253 lashes and a fine of six million rials
(1,000 euros) for "consuming and distributing alcoholic drinks" and for "adultery and incitement to immoral acts."  Such charges are routine against non-religious people. In fact, he was being punished for belonging to the Writers' Association and sending material to foreign-based news websites, especially articles defending a jailed lawyer, Nasser Zarafshan.

Jabari's lawyer said he was arrested illegally and that he himself had not been allowed to attend Jabari's trial.  He was arrested at his office in Teheran last 28 December and freed on 6 February this year.  He was arrested again on 17 March.

An interview with him had appeared on 25 December in a Persian-language newspaper in Canada, Charvand, in which he said the country's hardline spiritual leader, Ayatollah Ali Khamenei, the Guide of the Islamic Revolution, wanted the crisis in Iran to get worse. His latest arrest came soon after he told the press about his conditions of detention and the pressure exerted on him to make confessions.

Journalists Hossein Ghazian (arrested last October) and Abbas Abdi (arrested in November) are being tried in secret and without their lawyers present for "possessing secret documents belong to the intelligence ministry."  Early this month they were each sentenced on appeal  to four years and six months in prison - four years for "passing information to enemy countries," and six months for "making propaganda against the Islamic regime."

Ghazian, a director of the Ayandeh public opinion firm and a journalist on the daily paper Nowrooz, and Abdi, another Ayandeh director, ex-editor of the daily Salam who has worked on many reformist papers, were accused of "receiving money from the US polling firm Gallup or from a foreign embassy."   They were arrested after the official news agency IRNA, published last 22 September an Ayandeh poll that showed 74.4 per cent of Iranians favoured a resumption of ties with the United States.


Sina Motallebi, editor of the news website www.rooznegar.com and formerly on the staff of the banned reformist daily Hayat-é-No, has been in preventive detention since 20 April.  His lawyer was barred from the start of his trial on 26 April because the judge, Saberi Zafargandi, said it was "pointless at this stage of the case."  Motallebi agreed with the judge, leading his family to fear he had been subjected to psychological pressure in jail.  The judge has tried several other journalists, including Siamak Pourzand, Kambiz Kaheh and Said Mostaghasi, all of whom made alleged confessions.

After Hayat-é-No was shut down in January, Motallebi revived the Rooznegar.com website on which he had defended one of the paper's journalists, Alireza Eshragi, who was arrested on 11 January, and other imprisoned journalists.  This angered the country's hardline judiciary but also some reformers, who he criticised for remaining silent about the arrests.  He was accused of undermining national security through "cultural activity" and had been summoned several times in the past four months by legal officials and the Adareh Amaken branch of the Teheran police.


29 avril 2003

IRAN


Un journaliste condamné à quatre ans de prison et 253 Š coups de fouet

Un journaliste condamné à quatre ans de prison et plus de deux cents coups de fouet, un deuxième soumis à de fortes pressions durant son procès, de nouvelles poursuites contre deux journalistes déjà condamnés à des peines de prisonŠ Reporters sans frontières dénonce les récentes attaques, menées par la justice, à l'égard des professionnels de la presse. "Ces derniers coups de semonce des durs du régime contre la presse sont tout simplement inadmissibles. Quant aux réformateurs, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils sont incapables de défendre ces journalistes. C'est honteux", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

Le 19 avril, Ali-Reza Jabari a été condamné à quatre ans de prison, 253 coups de fouet et six millions de rials (environ 1 000 euros) pour "consommation et distribution de boissons alcooliques, adultère et incitation à des actes immoraux". Ce type d'accusations est classique à l'encontre de personnalités laïques. En réalité, ce que l'on reproche au journaliste, c'est d'être membre de l'Association des écrivains et d'avoir envoyé des articles à des sites d'information basés à l'étranger, tout particulièrement en faveur d'un avocat actuellement emprisonné, Nasser Zarafshan.

L'avocat du journaliste a déclaré que l'arrestation d'Ali-Reza Jabari avait été menée en toute illégalité. Le procès s'est tenu en son absence. Traducteur et collaborateur de plusieurs journaux indépendants dont Adineh, Ali-Reza Jabari avait été arrêté le 28 décembre 2002 puis libéré le 6 février. Il avait été arrêté à nouveau le 17 mars 2003. Le
25 décembre 2002, une interview du journaliste était parue dans Charvand, publication persophone basée au Canada, dans laquelle il expliquait notamment que le guide la République islamique voulait que la crise dégénère dans tout le pays. La seconde arrestation est intervenue peu après ses déclarations à la presse sur ses conditions de détention et les pressions qu'il avait subies pour faire des aveux.

Arrêtés respectivement en octobre et novembre 2002, Hossein Ghazian et Abbas Abdi, comparaissent actuellement devant la justice pour "possession de documents secrets du ministère des Renseignements". Le procès se tient à huis clos et sans la présence de leur avocat. Ils avaient déjà été condamnés, en appel, début avril, à quatre ans et six mois de prison : quatre ans pour "avoir communiqué des informations à des pays ennemis" et six mois pour "propagande contre le régime islamique". Hossein Ghazian, l'un des directeurs de l'institut de sondage Ayandeh et journaliste du quotidien Norooz, et Abbas Abdi, autre directeur de Ayandeh, ancien rédacteur en chef du quotidien Salam et membre de la rédaction de nombreux journaux réformateurs, étaient accusés d'avoir "reçu de l'argent de l'institut de sondage américain, Gallup, ou d'une ambassade étrangère". Ces arrestations étaient intervenues après qu'IRNA, l'agence de presse officielle iranienne, avait diffusé, le 22 septembre, un sondage (réalisé par la Société nationale des études de l'opinion publique et Ayandeh) qui indiquait que "74,4 % des Iraniens étaient favorables à la reprise des relations avec Washington".

Sina Motallebi, journaliste de Hayat-é-No et animateur du site www.rooznegar.com, est en détention provisoire depuis le 20 avril. Son avocat n'a pas pu assister, le 26 avril, à la première audience de son procès, le juge Saberi Zafargandi considérant "cette présence inutile à ce stade du dossier". Les proches du journaliste se sont inquiétés de ce que ce dernier ait confirmé la version du juge. Ils craignent qu'il ait été soumis à des pressions de la part du tribunal. Celui-ci est, en effet, connu pour avoir précédemment jugé plusieurs journalistes - Siamak Pourzand, Kambiz Kaheh, Said Mostaghasi - qui, eux aussi, avaient fait des aveux.

Après la fermeture, en janvier 2003, du quotidien réformateur Hayat-é-No, Sina Motallebi avait activé le site Rooznegar sur lequel il avait notamment pris la défense de Alireza Eshraghi, un journaliste de Hayat-é-No, arrêté le 11 janvier. Ce site, qui défendait notamment les journalistes emprisonnés, s'était attiré les foudres de certains réformateurs - qui y avaient été critiqués pour leur silence sur les arrestations de journalistes - et de la justice iranienne. Accusé d'"atteinte à la sécurité nationale à travers une activité artistique", ce journaliste avait été convoqué à plusieurs reprises ces quatre derniers mois par la justice de Téhéran et Adareh Amaken.

-- Virginie Locussol (norddelafrique@rsf.org / northernafrica@rsf.org / iran@rsf.org)
Bureau Nord de l'Afrique - Iran / Northern Africa - Iran desk

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