Reporters Without Borders (http://www.rsf.fr/)

22 April 2003 (la version française suit)

IRAN
Akbar Ganji begins fourth year in prison

Journalist Akbar Ganji will start his fourth year in prison on  22 April, despite repeated calls by Reporters Without Borders for his unconditional release since he was jailed for alleged subversion in 2000.  Another journalist, Ahmad Zeid-Abadi, was recently returned to prison to serve the rest of his sentence.

"Ganji's only 'crime' was to do his job as an investigative reporter and Zeid-Abadi is also paying dearly for criticising the regime," said Reporters Without Borders secretary-general Robert Ménard.  "We demand the release of both of them as well as eight others in prison."

Ganji, who worked on the daily paper Sobh-é-Emrooz, was arrested on 22 April 2000 after appearing before the press court accused of writing that leading figures, including former President Hashemi Rafsanjani and former intelligence minister Ali Fallahian, had been involved in the murder of opponents and intellectuals in late 1998.  He was also accused of taking part in a conference in Berlin on 7-8 April 2000 about reform in Iran which the government charged was "anti-Islamic."

He was sentenced on 13 January 2001 to 10 years in prison but the appeal court reduced this to six months on 15 May.  However on 15 July, the supreme court quashed the May sentence on technical grounds and imposed a six-year jail sentence.

He has been in solitary confinement for the past 70 days and, unlike other political prisoners, is not allowed to phone his wife, who says prison doctors have advised that he be hospitalised outside the prison to treat his back problems.  Officials have refused to allow this.

Zeid-Abadi, of the reformist daily Hamshahri and the monthly Iran-é-Farda, was ordered by legal officials to report to Teheran's Evin prison on 13 April after being sentenced on appeal on 10 March to 13 months in jail (eight for "anti-regime propaganda" and five for "putting out false news") and a five-year ban on "public and social activity," including journalism.

He had been sentenced by the press court on 17 April 2002 to 23 months in  prison and a five-year ban on "public and social activity" for "making propaganda against the Islamic regime and its institutions."  The court accused him of making "provocative speeches that threatened national security."  He has already served seven months and six more remain.

Journalists Hossein Ghazian (arrested last October) and Abbas Abdi (arrested in November) were each sentenced on appeal early this month to four years and six months in prison - four years for "passing information to enemy countries," and six months for "making propaganda against the Islamic regime."

Ghazian, a director of the Ayandeh public opinion firm and a journalist on the daily paper Nowrooz, and Abdi, another Ayandeh director, former editor of the daily Salam and former staff member of many reformist papers, were accused of "receiving money from the US polling firm Gallup or from a foreign embassy."   They were arrested after the official news agency IRNA, published last 22 September an Ayandeh poll that showed 74.4 per cent of Iranians favoured a resumption of ties with the United States.
22 avril 2003


IRAN
Akbar Ganji en prison depuis trois ans


Le 22 avril, le journaliste Akbar Ganji "fêtera" ses trois années en prison. Depuis 2000, Reporters sans frontières demande sa libération inconditionnelle. Une autre figure du journalisme, Ahmad Zeid-Abadi, est récemment "retourné" en prison pour purger le reste de sa peine de prison.

"Cela fait trois ans qu'Akbar Ganji purge une peine pour avoir seulement fait son travail de journalisme d'investigation. De son côté, Ahmad Zeid-Abadi paie également un lourd tribut pour avoir critiqué le régime. Nous demandons la libération de ces deux journalistes ainsi que des huit autres actuellement derrière les barreaux", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

Le 22 avril 2000, Akbar Ganji, journaliste du quotidien Sobh-é-Emrouz, est arrêté à l'issue d'une audience devant le tribunal de la presse. Le journaliste est poursuivi pour ses révélations sur les meurtres d'opposants et d'intellectuels, fin 1998, et ses accusations contre des responsables politiques de l'époque comme Ali Fallahian ou Hashemi Rafsandjani. Akbar Ganji est également accusé d'avoir participé à la conférence de Berlin, consacrée aux réformes en Iran et jugée anti-islamique par les autorités du pays. Le 13 janvier 2001, il est condamné à dix ans de prison. En mai, sa peine est ramenée, en appel, à six mois. Mais le 15 juillet, la Cour suprême revient sur ce verdict sous prétexte d'irrégularités commises lors de la procédure d'appel. Le journaliste écope de six ans de prison. Détenu en cellule d'isolement depuis 70 jours, il ne peut pas, comme d'autres détenus politiques, téléphoner à son épouse depuis la prison. Selon cette dernière, les médecins de l'hôpital auraient recommandé l'hospitalisation du journaliste, pour des problèmes de dos, à l'extérieur de la prison. L'autorité judiciaire a refusé.

Le 13 avril 2003, Ahmad Zeid-Abadi, journaliste du quotidien réformateur Hamchahri et du mensuel Iran-é-Farda, a dû se présenter à la prison d'Evine sur ordre de la justice. Le 10 mars, il avait été condamné, en appel, à treize mois de prison et cinq ans d'interdiction "d'activité publique et sociale", dont le journalisme. Il a écopé de huit mois pour "propagande contre le régime" et cinq mois pour "publication de fausses nouvelles". Le 17 avril 2002, Ahmad Zeid-Abadi avait été condamné par le tribunal de la presse à vingt-trois mois de prison et cinq ans d'interdiction de toute activité publique et sociale pour "propagande contre le régime islamique et ses institutions". Le tribunal lui reprochait notamment "ses discours provocateurs et menaçants pour la sécurité nationale". Ayant déjà purgé sept mois, il lui en reste six.

Arrêtés respectivement en octobre et novembre 2002, Hossein Ghazian, et Abbas Abdi, ont été condamnés, en appel, début avril à quatre ans et six mois de prison : quatre ans pour "avoir communiqué des informations à des pays ennemis" et six mois pour "propagande contre le régime islamique". Hossein Ghazian, l'un des directeurs de l'institut de sondage Ayandeh et journaliste du quotidien Norooz, et Abbas Abdi, autre directeur de Ayandeh, ancien rédacteur en chef du quotidien Salam et membre de la rédaction de nombreux journaux réformateurs, étaient accusés d'avoir "reçu de l'argent de l'institut de sondage américain, Gallup, ou d'une ambassade étrangère". Ces arrestations étaient intervenues après qu'IRNA, l'agence de presse officielle iranienne, avait diffusé, le 22 septembre, un sondage (réalisé par la Société nationale des études de l'opinion publique et Ayandeh) qui indiquait que "74,4 % des Iraniens étaient favorables à la reprise des relations avec Washington".
-- Virginie Locussol (norddelafrique@rsf.org / northernafrica@rsf.org / iran@rsf.org)
Bureau Nord de l'Afrique - Iran / Northern Africa - Iran desk

Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
5, rue Geoffroy-Marie
75009 Paris - FRANCE
Tél. (33) 1 44 83 84 84
Fax. (33) 1 45 23 11 51